24 avril 2009

Pitié pour nos pauvres banquiers...


Par Philippe Cohen, Marianne 2 , le 24 avril 2009


C'était le cri du coeur, hier, de l'excellent Gérard Mestrallet, patron de Suez-GDF : « Je comprends que dans cette crise, il ait fallu choisir des bouc-émissaires. Mais aujourd'hui, la France doit cesser de punir ces banques et se réconilier avec elles, car elles sont la clé du bon financement de nos entrerises, petites et grandes. »


L'interviewde Gérard Mestrallet dans le Figaro du 23 avril.

L'interviewde Gérard Mestrallet dans le Figaro du 23 avril.

C'est vrai qu'en matière de rémunération, nos amis banquiers ont mis de la Badoit dans leur champagne. Exemple, les top-managers de Dexia se sont partagés à 100 les 8 millions d'euros de bonus que la banque vient de leur verser après avoir été renflouée par les états français et belges qui sont venus à leur secours dès le début de la crise. Vous vous rendez compte ? Ca ne fait que 80 000 € en moyenne par tête de pipe ! Imaginez la tête de leurs compagnes (ou compagnons) quand ils ont dû leur annoncer la mauvaise nouvelle au dîner : « Chérie, j'ai rétréci mon bonus ! »
Et surtout, rendons grâce au quotidien les Echos d'avoir publié ce matin sur leur site un diaporama sur les rémunérations des patrons du CAC 40 :


Georges Pauget (source : Les Echos)

Georges Pauget (source : Les Echos)

Georges Pauget (Crédit Agricole) est l'un des plus courageux : il est lanterne rouge des patrons du CAC 40, et sa rémunération a baissé de près de 40%, c'est-à-dire, proportionnellement, plus que celle d'un ouvrier de Continental licencié dans le cadre d'un pan social. Dans ce palmares des entrepreneurs intrépides, Baudoin Prot le surclasse cependant avec - 70% de baisse :


Benoit Prot (Source : les Echos)

Benoit Prot (Source : les Echos)


Mais son confrère Frédéric Oudéa ne gagne que 15 000  € de plus que lui.


Frédéric Oudéa (source : les Echos)

Frédéric Oudéa (source : les Echos)


Chez Dexia en revanche, on n'a pas pris le risque de démotiver le nouveau PDG, Pierre Mariani qui doit gérer une situation délicate, avec tout plein de hauts fonctionnaires bornés dans son conseil d'administration. Il sera payé au même tarif qu'Axel Miller :


Axel Miller - Source : les Echos

Axel Miller - Source : les Echos


Gérard Mestrallet, lui, est celui qui a choisi d'appliquer au mieux son programme : punir le moins possible les banquiers. Donc, sa rémunération a augmenté de 15%. Il est vrai qu'il est un industriel depuis que Suez a pu racheter GDF.


(Gérard Mestrallet - Source : les Echos)

(Gérard Mestrallet - Source : les Echos)


Vous voyez bien que les banquiers se serrent la ceinture : désormais, Mestrallet est mieux payé que n'importe quel banquier de la place.
Cet article n'a pas besoin de morale. Il ne vise qu'à prévenir les lecteurs : compte tenu de la publicité faite à ces rémunérations, il ne faudra pas s'étonner si les ouvriers de Continental et Caterpillar organisent une grande collecte pour aider tous ces entrepreneurs banquiers à surmonter leurs difficultés financières. Après tout, c'est d'eux que dépendent nos emplois, comme on nous l'a déjà longuement expliqué. Je pense même qu'ils risquent de venir apporter eux même les fonds chez un ou deux patrons de banques; Quitte à passer une journée ou deux avec eux dans leurs bureaux. C'est la crise, il faut être solidaire...

Posté par LDCI à 15:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Pitié pour nos pauvres banquiers...

    arrètons avec ses bandit ,,,,tous les même ,grrrrrrrrrrrrr b isous phanou ,,

    Posté par sylvie, 30 avril 2009 à 10:52 | | Répondre
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