Gen_vePar Jerôme Leroy, Causeur , le 31 mai 2009

Qui l’eût cru ? La Suisse aussi est touchée par la délinquance. Ce pays, que l’on croyait plutôt spécialisé dans l’exil fiscal des mythes nationaux comme Johnny ou le palace-maison de repos pour écrivains chics comme Nabokov et Chardonne, est victime de ce fléau que l’on croyait réservé à des sociétés moins policées. Ainsi, Genève, Lausanne, Zurich ne sont plus seulement un rendez-vous pour anciens espions qui prennent le thé dans les bars des grands hôtels en dégustant des petits sandwichs au concombre et en racontant leurs souvenirs de la guerre froide : elles sont devenues de banales métropoles mondialisées avec des camés, des ouliganes, des putes, voire des artistes de rue.

Plus terrifiant encore au pays des merveilleux Fendants du canton de Vaud et des comptes anonymes des succursales de banquiers protestants, cette délinquance est d’abord celle des mineurs, ces petits cons qui depuis Graine de violence et Orange mécanique terrorisent, blessent, violent, brûlent, insultent, oublient leur carnet de correspondance, tirent à la kalachnikov sur les forces de l’ordre, font de la mobylette sans casque et se font renverser exprès par les voitures de la BAC qui voulaient juste leur signifier poliment l’infraction. C’est vrai, quoi, ces sales mômes rendent la vie insupportable aux honnêtes gens alors qu’ils vivent dans nos merveilleuses sociétés d’abondance où la concurrence est libre et non faussée. La Suisse, pays pragmatique s’il en est a donc mené une étude pour tracer le profil type de ces nouveaux monstres à peine pubères et déjà si méchants.

Un certain Marcelo Aebi, vice-directeur de l’Ecole des sciences criminelles de l’université de Lausanne, a été chargé de ce rapport sur le péril jeune. “As-tu déjà endommagé quelque chose pour t’amuser, comme un abribus, une fenêtre ou un siège dans un train ? As-tu déjà volé quelque chose dans un centre commercial ? As-tu déjà fumé de l’herbe1 ?” Voici quelques exemples des 79 questions auxquelles 3648 adolescents de Suisse âgés de 13 à 16 ans ont eu à répondre, sous le sceau de l’anonymat.

Marcelo Aebi vient d’en dévoiler les premiers résultats : 39,7 % des jeunes issus de familles traditionnelles – dites aussi “intactes” – avouent avoir commis un acte hors la loi. Les adolescents issus de familles monoparentales sont, eux, 48,4 %.

C’est sans appel.

Après le constat, il faut trouver des solutions. On voit que la priorité des priorités est d’en finir avec la mère célibataire, cette pourvoyeuse de petits démons. D’ailleurs, toujours d’après M. Marcelo Aebi, ce n’est même pas quand elle trouve ou retrouve un mari que les choses s’améliorent : les adolescents issus de familles recomposées sont 58,4 % à reconnaître des actes délictueux.

Nous n’avons pas, à Causeur, l’habitude de nous défiler, de nous complaire dans une culture de l’excuse ou de nous replier sur des solutions toutes faites qui coûtent cher au contribuable et ne servent à rien : pourquoi en effet payer pour des éducateurs islamo-gauchistes, des profs feignasses et démagogues ou des policiers de proximité qui passent leur temps à jouer au foutebaulle avec ces petits voyous qui sont capables de braquer une vieille pendant le quart d’heure de la mi-temps, quand le score AS délinquants / RC ilotiers est déjà de 5-0, ce qui est quand même assez humiliant pour les forces de l’ordre.

Oui, pourquoi, alors que ce qui manque à la maison, c’est un homme, un vrai qui sait donner la punition quand c’est nécessaire.

Il n’y en a pas trente-six, étant donné que le nombre de mères célibataires est inversement proportionnel à celui d’hommes qui en ont vraiment. Il faut autoriser la polygamie, que dis-je, il faut l’encourager. Je préconise donc la création d’une commission interministérielle sur la question réunissant, avant même un éventuel remaniement, Nadine Morano pour la Famille, Besson pour l’Identité nationale, Mam pour l’Intérieur, Dati pour la Justice, Amara pour la Ville et Darcos pour l’Education nationale. On écartera dans un premier temps Christine Boutin qui risque d’apprécier moyennement, mais on sait qu’il n’y a pas plus conservateurs dans ce pays que les catholiques si ce n’est les syndicalistes de SUD rail.

Quelques mesures fiscales simples, des initiatives concernant le logement et une redéfinition du code de la famille devraient pouvoir assez rapidement tracer les contours d’une polygamie à la française que le monde nous envierait, une polygamie facteur de paix civile et d’intégration.

Je me déclare ainsi prêt, à titre personnel, à soutenir cet effort national. Je suis prêt, sous réserve d’un doublement de ma surface habitable, à épouser, mettons une Ukrainienne aux yeux bleus, une Peulh aux jambes interminables, une Kabyle aux yeux de biche comme dans une chanson de Frank Alamo, voire une Rom de nationalité indéterminée mais à la poitrine généreuse et consolante.

Et les mômes qui vont avec, me direz vous ?

Eh bien, je les mettrai à l’école l’hiver et au centre aéré l’été. Manquerait plus que je me laisse envahir par ces morveux.

Vous ne croyez pas que j’aurai autre chose à faire, non ?

  1. Plusieurs contributeurs et non des moindres de Causeur ont répondu oui à une ou plusieurs questions.