04 juin 2009

Front de gauche: après les européennes, les régionales ?

gauche_droite

Par Gérald Andrieu, Marianne 2 , le 3 juin 2009

Si les intentions de vote se traduisent dans les urnes, le Front de gauche aura réussi son pari. Mettra-t-il alors le cap sur les régionales? Cette équation comporte de multiples inconnues…

Il est parti de loin le Front de gauche. De très loin même : 2%. Aujourd’hui, la donne semble avoir changé : à quelques jours du scrutin européen, la coalition PCF-PG-Gauche unitaire est créditée de 5% à 7% des intentions de vote. Autant sinon mieux que le NPA. Et déjà certains se prennent à rêver d’un Front de gauche présent lors du prochain scrutin : celui des régionales en 2010.
Danielle Simonnet, membre du bureau national du PG, est de ceux-là : « Une campagne comme celle que nous sommes en train de vivre ça marque, ça structure une équipe : des liens se sont tissés entre les militants des différentes formations  ». Des liens si forts que, d’après elle, l’idée d’un Front de gauche en lice pour les régionales serait en train de faire son chemin, « même chez certains dirigeants communistes qui, au début, pouvaient avoir des réticences ».


Le PCF ne veut pas trop s’avancer

Pourtant, du côté de la place du Colonel-Fabien, on préfère ne pas en dire trop pour l’instant...
Francis Parny (PCF), qui a pris part aux négociations entre les différentes formations politiques lors de la constitution du Front de gauche, explique que son parti n’a pas « d’attitude a priori » et que c’est « le contenu politique qui devra primer ». Pour les élections  européennes, c’est « le refus du traité de Lisbonne », explique-t-il, qui a créé le ciment entre les différentes composantes. Pour les régionales, il leur faudra donc trouver des points de convergence : « Nous devrons discuter et voir si nous sommes d’accords sur des sujets comme la taxe professionnelle ou la question du Grand Paris par exemple ».

Mais la politique n’est pas seulement affaire de « contenu ». La stratégie politique compte aussi. Aux élections régionales, le Parti communiste a pris l’habitude de fonctionner de concert avec le Parti socialiste : quand il n’y a pas entente avant le premier tour, il y a souvent fusion des listes au second. Est-il prêt à rompre avec cette pratique ? En tout cas, du côté de la direction actuelle du Parti socialiste, on se voit bien continuer à lier le destin du PS et celui du PCF lors de chacune des échéances électorales à venir et ce, jusqu’à la présidentielle…


Le NPA prend ses distances plus que jamais

Si tel était le cas, une nouvelle fois le NPA refuserait de prendre part au Front de gauche. Si la formation emmenée par Olivier Besancenot a refusé d’y entrer la première fois, c’est précisément parce qu’elle en appelait à un « front durable » détaché de toutes relations avec le PS. Ce discours, le leader anticapitaliste le sert à nouveau ces derniers jours. Mais dans une version plus musclée que jamais. Son interview publiée samedi  dans les colonnes de Libération parle d’elle-même : « Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet sont ensemble, mais ce n’est pas la première fois. Ils l’étaient dans un gouvernement de gauche plurielle qui a privatisé plus que deux gouvernements de droite réunis. (…) Maintenant, il faut assumer qu’il y a une gauche qui n’est pas contrôlée et pas contrôlable par la direction du PS. Et que c’est le NPA qui est le plus efficace, à la fois pour donner un débouché politique aux luttes sociales, pour chahuter la gauche et pour s’opposer efficacement à la droite. »

Pour Christian Picquet, chef de file de La Gauche unitaire, ce raisonnement ne tient pas : « La ligne de Besancenot est catastrophique sur le long terme. Elle amène le NPA tout droit dans le mur. Car le NPA, seul, ne peut pas réussir. Pas plus que ne peut le faire, seul, le PG, le PCF ou La Gauche unitaire. » Et pour lui d’expliquer que cette interview est « un délire, un dérapage mégalomaniaque temporaire » de Besancenot ! C’est en tout cas une radicalisation assez légitime à quelques jours du vote. Légitime car, à l’heure où les sondages donnent le NPA et le Front de gauche au coude à coude, il faut à tout prix se différencier, quitte à être « inélégant » avec ses plus proches adversaires...

Mais si, au final, le Front de gauche vire en tête, la direction du NPA reverra-t-elle sa copie ? Possible mais peu probable tant le « jusqu’au-boutisme » semble être devenu la règle. Et pourtant, des mécontents, il y en a dans les rangs du NPA. Le 17 mai dernier, un courant baptisé « Convergences et alternative » a vu le jour et sa « déclaration de constitution » se montre très critique à l’égard de la direction du parti. Ces membres voient notamment dans les élections européennes « une occasion manquée » : « Malgré l’affirmation faite à son congrès en faveur de l’unité, le NPA n’a réussi à réaliser l’unité avec personne et se retrouve seul. (…) C’est dans l’unité, et non dans la dénonciation, que nous parviendrons à convaincre nos partenaires potentiels, en particulier le PCF, de ne plus s’allier avec le social-libéralisme. »


Le mode de scrutin reste incertain

Mais toutes ces questions ne trouveront pas une réponse dès dimanche au soir. Car il y a une autre inconnue. Et de plus grande taille encore que les autres : on ne sait pas si le mode de scrutin actuel des régionales (à deux tours)  sera maintenu. La proportionnelle a un tour a en effet été évoquée récemment par Jean-Pierre Raffarin. François Fillon était pour « à titre personnel » l'été dernier mais dit être contre aujourd'hui.  Quant à Nicolas Sarkozy, il semble être opposé à toute modification. Mais peut-être que les résultats de dimanche basés sur un scrutin à un tour le feront changer d'avis. L’avenir du Front de gauche reposerait alors entre les mains du chef de l’Etat qui trouverait là une nouvelle occasion d’affaiblir le PS...

Posté par LDCI à 09:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Front de gauche: après les européennes, les régionales ?

    Le PCF avec le PS

    Pour les régionales, le PCF retourne avec le PS comme il le fait déjà à Perpignan et Hénin-Beaumont pour les municipales anticipés. Pire, à Hénin-Beaumont la liste va du PCF au Modem ! Quel Front de Gauche ! Alors que le NPA avait proposé une alliance durable en toute indépendance du PS, cela avait été refusé par le PCF et le PdG mais ceci ont inversé les rôles.

    Posté par Révolt-United, 17 juin 2009 à 17:41 | | Répondre
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