08 juin 2009

Pour être clair

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Au lendemain du terminus de la joute électorale qui avait lieu en France et dans l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne il est donc temps de poser les valises et de regarder devant nous.

En France, quel désenchantement pour tous ceux qui espéraient qu'à l'occasion de ces élections européenne 2009 soit enfin sifflé la fin d'un match qui dure depuis trop longtemps entre d'un côté les tenants du tout libéral, du tout déréglementation, de la dénationalisation de l'ensemble des aspects , de l'ensemble de toutes les choses qui font vivre une nation, ceux qui sont favorables à une Europe fédérale autrement dit et pour être clair, l'UMP, et les partisans d'un éternel compromis entre le libéralisme déjanté et un collectivisme à la russe, autrement dit et pour être clair les socialistes auxquels ont peu sans problème y ajouter les "modemistes" qui eux aussi sont des adeptes de l'Europe fédéralisée.

J'avais espéré que l'arbitre qui sifflerait cette finale là serait issu des rangs des "républicains intangibles". Pour être clair,de Debout la République et du Front  gauche.

Gaulliste de conviction j'ai choisis de soutenir les efforts immenses de Nicolas Dupont-Aignan qui démontre par A + B que non, le gaullisme ce n'est pas soluble dans le sarkozysme otanisé. Les résultats sont bien entendu beaucoup plus décevant que ce que j'avais envisagé. Mais tout de même, alors que l'on dit le gaullisme totalement atomisé, ce jeune mouvement politique aura réuni hier 309 594 personnes qui se sont rendues aux mairies et bureaux de vote pour glisser un bulletin DLR dans l'urne. Et puis il s'agissait là d'élections de députés européens et, le moins que l'on puisse dire, c'est que ça n'aura guère attiré les foules, pratiquement 60% d'abstentionniste !

On ne peut pas tout mettre sur le dos du pêcheur du dimanche 7 juin aussi il faut , pour être clair, dire une chose vérifiable puisque prouvé : Debout la République a été sciemment occulté tout au long de la campagne. Encore hier soir alors que l'on évoquait sur les plateaux de télévision les résultats de Lutte Ouvrière pas un mot n'aura été dit sur le gaullisme de conviction représenté lors de ce scrutin par Debout la République.

La république télévisuelle et sa propagande a donc remplacé la République tout court !

Heureusement, mais c'est un avis tout personnel, le Front de gauche qui rassemblait le Parti de Jean-Luc Mélenchon , le PCF et des scissionistes du NPA ont réussis à moitié leur pari et ont obtenus 6,05% des voix et décrochent 4 sièges d'eurodéputés. Cependant les résultats restent en deçà, et largement, de ceux que l'on pouvait attendre.

Hier soir, l'invité vedette de tous les médias c'était bien sur Daniel Cohn-Bendit, désormais auréolé de son score pratiquement jumeau de celui du PS, au point que France 2 ne voulait plus qu'il quitte son plateau ! Evidemment, Dany le vert est un personnage atypique, plein d'humour et un tribun redoutable, mais tout de même. Obama ayant retrouvé les Etats-Unis, les journalistes ont aussitôt trouvé un point de chute en la personne du citoyen européen de nationalité allemande (et qui ne sera donc jamais candidat à la présidence de la République française) et ont fait monter la mayonnaise en plaçant à ses côtés le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon.

Daniel Cohn-Bendit a annoncé qu'il fallait un rassemblement de la gauche et qu'il fallait oublier les différences pour unir les compétences. Chouette alors ! On va pouvoir empêcher Sarkozy de repartir pour cinq ans ! Seulement, le presque vainqueur du scrutin d'hier oublie l'essentiel : la cohérence.

Daniel Cohn-Bendit comme bon nombre de ses colistiers - à l'exception médiatique d'un José Bové plus moustachu que jamais -  est clairement un partisan de l'Europe fédérale et il a été l'un des champions de la cause du Oui lors du référendum de 2005 sur la constitution européenne.Hier soir en direct à la TV , l'ex-leader de mai 68 n'a pas hésité à prôner l'alliance avec les partisans d'une autre Europe alors que lui-même ne l'est pas. On tombe sur la tête.

Non, je pense qu'il n'est pas imaginable qu'un républicain intransigeant tel que le sénateur Mélenchon tombe dans le piège tendu dès la sortie des urnes par un talentueux beau-parleur. Les Verts dans le sens politique du terme c'est à dire leurs têtes dirigeantes sont des dangers pour tous ceux qui tiennent au maintien des valeurs républicaines, celles défendues par DLR  mais également par le PG, il n'y a qu'a lire le programme proposé aussi bien par les Verts nationaux que par les Verts européens pour s'en rendre compte. Une alliance avec Europe écologie pour un républicain de gauche est à mes yeux impossible...

L'attitude de Jean-Luc Mélenchon m'a rassurée. Pour bien avoir conscience du danger écologiste voici un extrait d'une tribune signée par Daniel Cohn-Bendit et José Bové le 28 mai dernier sur le site de campagne d'Europe écologie : "Malgré ses évidentes imperfections, l'Europe est aujourd'hui le seul embryon fonctionnel d'une démocratie supranationale (...) C'est une occasion historique pour penser, enfin, la politique hors du cadre étroit et myope de l'intérêt national (...) Contrairement à ce qu'affirment les nostalgiques de 2005 et les souverainistes forcenés, ce ne sont pas les traités qui font les politiques européennes. C'est la politique qui fait les traités"...

Pour résumer, c'était une élection européenne, il y a eu un taux d'abstention record, les républicains intransigeants arrivent à totaliser plus de 7% des voix et enfin il reste deux ans avant 2012.

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