17 juin 2009

Stratégies de convergence

Qu_bec_chanteurspar Ouhgo , Vigile  , le 15 juin 2009

Un parti politique existe depuis près de 40 ans en vue de l’indépendance du Québec.

Deux générations d’intellectuels structurés ont consacré le meilleur de leurs énergies pour établir le pourquoi de cette entreprise. Ils ont évalué les différentes stratégies pour y parvenir. Ils ont élaboré des programmes d’action et soumis au peuple le fruit de leurs cogitations diverses par voie électorale et référendaire à répétition.

Devant l’impasse anticipée de ce parti, on fait appel à tous !

Le seul fait que nous devions tous nous imposer ce pensum individuellement, pour affronter le gouffre démontre que le Parti Québécois a échoué. Sa feuille de route, avec le programme actuellement sur la table, le discrédite pour une démarche pédagogique envers les décrocheurs politiques, notre boulet électoral.

Dussions-nous recruter le meilleur de ce parti, pour repartir presque à zéro, se mettre d’accord entre factions diverses de la mouvance souverainiste lucide de la base, il faut trouver le moyen de démontrer au peuple québécois en quoi son sort sera amélioré si on se débarrasse de l’interférence d’Ottawa.

À cause de l’écran médiatique contrôlé subtilement par les apôtres de l’unité canadienne, une majorité décisive de la population ne croit plus que les politiciens soient élus démocratiquement. La rumeur populaire laisse croire que l’idée d’indépendance de la nation québécoise est folklorique. La grande Société Radio-Canada, protectrice des droits des minorités du pays, ne fait-elle pas une large place sur ses ondes pour nous renvoyer notre image glorieuse dans des rediffusions des séries d’époque ? En effet, nous pouvons encore raffermir nos valeurs traditionnelles dans les personnages de Séraphin, Terre humaine, Le temps d’une Paix avec Memére Bouchard et Ticoune.

Ceci démontre le déficit d’information qu’il reste à combler. Le phénomène d’assimilation étant par définition subtile, quand on s’en rend compte, il est trop tard. Si nous voulons réveiller cette couche de la société, il nous faut lui faire réaliser, de façon évidente, les assauts assimilateurs systématiques qu’elle subit.

On fait croire aux Québécois qu’ils vivent dans une certaine aisance, comparée aux peuples asservis qui réclament notre secours militaire. Les images sélectionnées à la télé et sur les grands journaux visent à nous faire apprécier notre confort relatif, à l’ombre du drapeau rouge, passeport canadien à la main pour visites régulières de la République Dominicaine. Nous en sommes venus à croire que le Québec rayonne dans l’économie mondialisée grâce à l’encadrement de la fédération canadienne. On prête une force au Québec (province) dans le Canada sur le modèle de la France(pays indépendant) dans l’Union Européenne. À la faveur de ces médias concentrés idéologiquement, les gens de la rue ne se doutent même pas qu’à cause de cette domination notre nation traîne toujours derrière l’autre nation du pays, et que nous n’avons survécu à la conquête que par les miettes qu’Ottawa a bien voulu nous laisser.

Histoire

Ce que les pseudo politiciens indépendantistes ont renoncé à faire, et que nous devons ici reprendre à leur place, c’est de NOUS sortir de l’OUBLI. Résumer en termes simples et frappants, les étapes occultées de notre HISTOIRE. Rappeler aux Québécois qui ils sont pour qu’ils puissent décider où ils veulent aller. Tourner la page n’efface pas l’Histoire. Éviter la chicane en retirant des pans de notre trajet nous maintient dans l’ignorance pour nous leurrer. On nous a caché les assauts sanguinaires qui ont culminé aux Plaines d’Abraham. On nous a caché les attaques racistes contre notre identité

par l’exécution des Patriotes qui demandaient justice,

par les enrôlements forcés aux guerres des Boers, à la Première et la Deuxième Grande Guerre et les autres,

par la loi des mesures de guerre en 1970.

Les journaux ont même occulté les manipulations de démocratie contre nos récents efforts de libération par consultation populaire.

Dans la mouvance souverainiste, nous nous entendrons donc à dire que pour informer le peuple, il faut des médias libres et des cours d’Histoire authentiques, non censurés.

Pourquoi Vigile.net ne serait pas encouragé par les promoteurs d’un Québec libre ? Pourquoi, Le Québécois, L’aut’journal, L’action nationale ne sont pas sur les tablettes des dépanneurs ?

Langue

Tout ce débat ne serait pas nécessaire si nous n’avions pas, de toujours, persisté comme peuple, à vivre en Amérique en FRANÇAIS. Alors, à l’intention des décrocheurs de la politique, sachez que le problème ne date pas d’hier :

À la suite de la révolte des Patriotes, il y a à peine 6 générations, l’Empire britannique avait résolu d’absorber carrément les sujets français pour les sortir de leur statut infériorisé (Lord Durham). Ce projet de génocide doux, à la suite de démonstrations militaires violentes n’a rencontré que résistance molle du vaincu. Nos ancêtres ont subi dans la bonne boi les tactiques britanniques d’absorption par l’ INDIRECT RULE. Leurrés par nos représentants de langue française collaborant avec l’occupant, nous étions déjà dans la tromperie quand l’Acte d’Union nous minorisait dans un simulacre d’égalité des chances pour notre langue. La fédération canadienne a maintenu cette pression sur nous par différentes vagues d’immigration sans effort de sélection ou de francisation. La Supreme Court of Canada continue de démembrer la charte québécoise de la langue française et le tout récent vote à Ottawa a confirmé cette volonté de minoriser notre langue à Montréal, et par le fait même, au Québec. Notre nation ne s’inquiète même pas d’entendre les animateurs de SRC répéter « Refuser l’anglais à la Fête nationale du Québec ? Mais n’étions-nous pas enfin rendus ailleurs ? »

Le projet d’assimilation est tellement avancé que nous acceptons de discuter de la langue à utiliser par les hauts fonctionnaires. Mme Marois, Mme Harel, les artistes à la Fête nationale, doivent-ils parler anglais, aux fins d’inclusion ? Notre projet de convergence devra donc trouver le moyen de faire réaliser à toute classe de la société que la normalité pour nous, au Québec, ce serait d’être aussi fiers ambassadeurs du français à l’étranger, que pour les Chinois, les Italiens, les Espagnols, les Allemands, voire les Français, pour leur langue respective. Ainsi, tous les éléments de la mouvance indépendantiste voudront ensemble

que leurs représentants brisent cette polarité d’opinion : pour ou contre le français comme langue publique au Québec.

renverser cet effet médiatique qui a fait croire aux jeunes artistes

que chanter en français est folklorique,

aux politiciens québécois que notre minorité anglophone assimilatrice n’a pas à respecter la langue commune, dans ses hôpitaux, ses universités, ses journaux, sous prétexte de droits acquis.

Enseignement

Nierons-nous que le retard en enseignement et diplomation occasionné par l’entre-deux régimes (conquête) n’a jamais été rattrapé pour nous ? Ceci justifie un régime d’enseignement gratuit à tous niveaux. Un pays d’expression française se fera un point d’honneur d’inculquer à ses citoyens une fierté réelle de la qualité de sa langue. Ce devra être prioritaire avant l’enseignement de l’anglais langue seconde, aussi de bonne qualité, mais au niveau Secondaire. Nous rechercherons l’équité de subvention des universités pour ce qui a trait aux deux langues. De la maternelle à l’université, comme dans les pays scandinaves, la pédagogie personnalisée visera au décrochage zéro. Les jeunes citoyens vivant dans un tel projet de pays trouvent de toute façon plus de motivation à cause de meilleure perspective d’avenir.

Les nouveaux arrivants étant choisis sans ambiguïté nationale sauront qu’ils arrivent dans un pays de langue française. C’est donc avec enthousiasme qu’ils profiteront de l’enseignement qui leur sera fourni pour travailler en français, vivre dans un environnement en français et s’intégrer à leur milieu d’accueil pour célébrer la fête nationale du Québec dans sa langue officielle : le français.

Maîtres chez nous

Si nous nous approprions des médias libres, nous nous donnons des chances égales de faire la démonstration de notre aliénation sous les politiques d’Ottawa. Nous redonnons visibilité au français comme langue parfaitement concurrente dans le monde. Par cette prise en main de notre réalité il devient plus facile de comparer

le sort d’un citoyen québécois obéissant aux règles d’une autre nation avec

le sort de ce Québécois qui écrit ses propres règles.

Moyennant que l’on se donne les outils pour parler à tous ceux qui ont décroché de l’information politique, il deviendra facile de leur faire réaliser l’appauvrissement que nous subissons dans ce régime du « status quo ».

Ressources naturelles.

Peu d’effort sera nécessaire pour démontrer qu’un État s’enrichit s’il gère à son profit l’exploitation durable de ses ressources minières, forestières, énergétiques par l’eau, le vent, le soleil, la géothermie. On discutera peut-être sur l’idée de NATIONALISER les ressources naturelles, ou l’agriculture mondialisée, ou les banques. L’exemple le plus actuel est la Société des Alcools du Québec. La plus grande vache à lait de l’État, même en période de crise économique. Les tentations périodiques de se départir de portions d’Hydro-Québec paraissent mal avisées quand on voit venir l’ère des transports électriques : automobile, tramway, TGV éventuellement. S’en priver indiquerait une volonté de laisser passer devant nous l’économie de l’autre nation, dominante au Canda, l’industrie pétrolière.

Culture nationale.

Les Québécois qui ont eu leur opinion négativement braquée par les médias depuis des décennies sur le sens du mot culture pourront nécessiter quelques années d’absorption d’une information plus neutre de la part de leaders nationalistes forts. Mais l’exemple venant de haut normalisera une opinion publique biaisée qui voit en la mondialisation une nécessité d’abandonner sa culture.

Un pays normal ne coupera pas les vivres aux artistes les plus appréciés à l’étranger comme représentants de la nation. Le pays normal favorisera aussi la diffusion de journaux spécialisés dans la vulgarisation de son identité et dans la fréquentation internationale des peuples partageant avec nous une situation politique minorisée.

Comme groupes nationalistes québécois, nous nous entendrons sur le soulagement qu’un citoyen à part entière du pays Québec, contrairement à la situation provinciale, se sentira toujours plus libre de s’identifier fièrement, pour se défendre

dans les débats politiques, intra muros ou internationaux,

dans les causes juridiques touchant sa langue, en commerce privé ou gouvernemental, ou la délimitation territoriale de son pays, ou la délocalisation de ses institutions financières vers Toronto…

En résumé, les chicanes ancestrales éliminées d’avec la nation voisine envahissante, il adviendra un tel confort dans la vie quotidienne, qu’il ne devrait pas être si difficile de s’adjoindre cette immense majorité nationale qui nous est nécessaire pour obtenir l’appui de l’opinion internationale pour pouvoir voler de nos propres ailes de par le monde. Cette réunion massive de la famille est la condition pour éviter de s’exposer à nouveau à un fatal refus référendaire par le seul maître du jeu actuel : Ottawa.

 

Posté par LDCI à 23:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Stratégies de convergence

    Parler anglais

    Une petite remarque : développer un excellent niveau dans 2 langues ne peut pas tenir compte de priorités. Le résultat sera le bilinguisme, même si on peut être plus attaché à l'une qu'à l'autre pour des raisons personnelles.

    Posté par Parler Anglais, 18 juin 2009 à 13:58 | | Répondre
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