12 juillet 2009

Hénin-Beaumont : victoire républicaine ou défaite républicaine ?

Marine_et_SteeveIl y a une semaine aujourd'hui, le 5 juillet, il y avait une ville en France qui faisait l'actualité, non pas en raison d'une arrivée massive de vacanciers néerlandais ou celle intempestive de la grippe A. Il s'agissait d'une localité située dans le département du Pas-de-Calais dont le maire sortant est derrière les barreaux pour divers sujets touchant à la gestion de la commune. Il est bien sûr question d'Henin-Beaumont.

La municipale partielle de cette localité de 26 000 habitants a été remportée au second tour par la liste menée par Daniel Duquenne, un dissident du PS qui avait justement quitté le principal parti d'opposition en raison du soutien de ce dernier au maire incarcéré depuis Gérard Dallongeville. Mais Hénin-Beaumont ne serait guère une situation politique "interessante" si ce n'avait été la ville-laboratoire pour voir si le Front National n'était pas mort. A Hénin-Beaumont l'opposition à la gauche au pouvoir ce n'est pas du tout l'UMP (qui arrive difficilement au 5 %) mais bien le parti de Jean-Marie Le Pen qui y possède sur place un homme de terrain en la personne de Steeve Briois et, cerise sur le gâteau, la médiatique et très en verve fille du patron, Marine Le Pen, qui succèdera à coup sûr à son père à la tête du FN lorsque celui-ci aura décidé de céder sa place.

Arrivé largement devant tous les autres au soir du premier tour le Front National s'est retrouvé seul face à un véritable mur dressé contre lui. Comme à la fin des années 80 et surtout à celle des années 90 l'ensemble des belles âmes se sont tout à coup toutes rassemblées pour " contrer le fascisme, la haine " et tout ce qui va avec...

Il n'y a aucuns "grands" responsables politiques au niveau national qui n'y a dérogé, de Xavier Bertand aux communistes en passant par la ministre de l'enseignement supérieure, Valérie Pécresse. Il fallait à tous prix empêcher le FN d'empocher là une victoire. De ce fait, c'est à une énorme coalition composée de l'ensemble des forces politiques que compte la France que fut opposé Steeve Briois et le résultat est évidemment celui que l'on connaît. Durant la semaine d'entre-deux tours, ce ne fut que quolibets en tout genre envers ceux qui avaient osés voter pour les "fachos"...en gros, les ouvriers, les employés et malheureusement les demandeurs d'emploi qui dans cette région sont de plus en plus nombreux.

Je n'ai aucunes incointances de quelques sortes envers le FN, son programme est pour moi contraire à l'idée que j'ai de la politique qui doit être menée dans ce pays, mais je trouve scandaleux et malhonnête de traiter ses électeurs de "fascistes" ou comme l'a fait le maire élu ce matin de manière differenciée ("Il n'y a pas 48 % d'extrémistes à Hénin") , Daniel Duquenne d'extrêmistes. Aux yeux des populations les "extremistes" ne sont pas ceux que l'on voudrait faire croire qu'ils sont!

Pour autant, les 48 % obtenus par le FN dimanche dernier sont une véritable claque pour ces partis : puisque les autorités succesives, de gauche comme de droite, ne "font rien", comme " on nous prends tous pour des cons" on va voter pour le FN.

Le vote d'Hénin-Beaumont du 5 juillet n'est pas autre chose qu'un avertissement en bonne et due forme.

Posté par LDCI à 19:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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