21 août 2009

Fils aux pères

Soutane_sexePar Trudi Kohl , Causeur  , le 17 août 2009

C’est La Stampa qui a vendu la mèche : le Vatican s’apprêterait à reconnaître les enfants de prêtres. Pas les enfants de chœur ni les enfants de Marie, mais de vrais poupons, roses et joufflus, fabriqués, parfois en série, dans les règles de l’art par des ecclésiastiques qui ont découvert qu’il n’était pas nécessaire de devenir père blanc pour adopter la position du missionnaire.

Le Vatican, lui, dément. Son porte-parole a d’ailleurs convoqué la semaine dernière une conférence de presse pour mettre les choses au clair :

– Le Saint-Père n’a pas encore… les enfants, arrêtez, je parle à des gens… le Saint-Père n’a pas… Francesco, Pietro, laissez le Monsieur, il ne vous a rien fait… le Saint-Père n’a pas encore statué sur… Gina, ne tire pas les cheveux de ta sœur sinon je le dis ce soir à maman… statué sur ce phénomène qui est très marginal dans l’Eglise… Vittorio, lâche-moi la soutane… et qui ne saurait entacher… mamma mia, Lucia, ne mets pas les doigts dans ton nez… la règle communément admise dans le Magistère…

C’est à cet instant précis que le porte-parole du Vatican a mis fin à sa conférence de presse pour aller “donner le biberon à ses trois derniers”.

Selon les plus hautes autorités catholiques, la reconnaissance des enfants de prêtres ne serait pas à l’ordre du jour : son annonce par La Stampa se révèle donc aussi prématurée qu’un enfant d’archevêque naissant un mois avant terme. Imaginez un peu ce que devraient endurer les bambins légitimés par l’Eglise.

– Et toi, Jean-Kevin, qu’est-ce qu’il fait ton papa ? C’est le curé du village, non ?
– C’est toi qui le dis.
– Tu ne me tutoies pas, Jean-Kevin, je suis ton professeur des écoles.
– Tout pouvoir vient du Ciel.
– En attendant, ton père il est curé et il a engrossé la Marie.
– La royauté de mon père n’est pas de ce monde.
– Ouh, mais s’il continue à m’échauffer, je vais le crucifier à la porte de l’école, celui-là.

Dans trente ans peut-être, le pape pourra apparaître au balcon de la place Saint-Pierre pour prononcer la bénédiction urbi et orbi, un chiard dans les bras, en s’exclamant en 58 langues : “Je crois qu’il m’a encore pissé dessus. Faut le changer !” Bien sûr, cela présenterait quelques désavantages :

– Ce mercredi, l’audience générale est annulée. Le Saint Père est allé chercher des couches chez l’Arabe du coin. Bobonne avait oublié d’en acheter.
– Oh non, elle exagère. La dernière fois, elle avait oublié les petits pots !

Nous n’en sommes pas là : il n’est pas encore permis à Ralph de Bricassart de sauter Meggie avant la prière du soir, ni de reconnaître son fils Dane. Les nouveaux Abélard pourront continuer à compter fleurette à Héloïse, mais qu’ils ne s’avisent pas à lui faire un môme : ce dernier ne sera pas reconnu par le Vatican.

Remarquez que, de tout cela, on s’en fout comme d’une rosière de la dernière capote Durex. S’il veut avoir une femme et lui faire des enfants, un curé peut toujours se défroquer et changer de job. Personne ne le lui interdit. Il lui suffit de choisir, une bonne fois pour toutes, entre les misères du célibat et celles de la vie conjugale.

Moi, par exemple, quand j’avais dix-neuf ou vingt ans, je voulais devenir top model américain. J’ai choisi la bière, la fac et la nationalité allemande. Sur le moment, j’ai bien râlé. Mais au bout de vingt ans, je me suis habituée à être une grosse journaliste teutonne. Et j’emmerde Cindy Crawford.

Posté par LDCI à 23:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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