15 avril 2009

De l'Otan à la fédération de l'Europe

Otan_FranceLe président de la République a indiqué hier matin sur Europe 1 au micro de Jean-Pierre Elkabach que sa politique de " rapprochement " tous azimut avec Washington qu'il s'agisse du retour dans le commandement intégré de l'Alliance atlantique va servir en premier lieu les intérêts de la France.

" Il y a une dizaine de pays en Europe qui n'écoutaient plus la France parce qu'ils avaient le sentiment que la France était en opposition systématique avec les Etats-Unis. Réglez ce problème d'opposition systématique qui n'a pas lieu d'être, et cette dizaine de pays notamment en Europe de l'Est se retrouvent dans le discours de la France. "

On aura donc compris que tout ce cirque, tout cet attirail, toutes ces preuves d'amour lancées en direction des Etats-Unis n'avaient que pour unique objectif d'être plus écouté par la Slovaquie, la Pologne ou encore par les pays Baltes, sans oublier les deux pays qui frappent avec insistance à la porte de l'OTAN, l'Ukraine et, bien sûr, la Géorgie de Saakachvili...

Nicolas Sarkozy prendrait-il l'ensemble des Français pour des demeurés ?

Le rapprochement pour ne pas dire l'alignement de la France sur la politique des États-Unis est l'une des marottes du président de la République qui ne s'en est d'ailleurs jamais caché. Aujourd'hui, voyant que cette décision de se couler dans le moule otanesque ne passe pas très bien dans l'opinion publique, Nicolas Sarkozy tente de faire digérer la pilule en la mélangeant, en la mixant avec le hachis européen. Il a eu même l'idée assez saugrenue d'affirmer ce matin à la radio " Si elle veut fédérer en Europe, la France doit se placer en amie des Etats-Unis "... Fédérer l'Europe, en deux mots, le président Sarkozy à mis le doigt sur le projet qui est dans les têtes de nos élites continentales, mais aussi dans celles des dirigeants américains.

L'Europe pour Barack Obama et pour une immense majorité de ses concitoyens se doit d'être unie, de ne former qu'un seul bloc forcément alliée aux États-Unis et au sein de l'OTAN c'est encore mieux. Ce projet est fort avancé puisqu au sein de l'Union européenne ce ne sont pas moins de 21 pays membres qui se partagent entre les parlottes strasbourgeoises et les agapes bruxelloises. Il faut dire que question pratique, c'est le pied, puisque le siège de l'OTAN est à Bruxelles !

D'ailleurs si ce sont 24 pays européens ( l'Islande et la Norvège ne font pas partie de l'UE ) qui forment l'ossature de cette alliance politico-militaire créée en 1955 pour contrer le Pacte de Varsovie qui rassemblait les pays satellites de l'Union soviétique, que les turques ( alors que les États-Unis poussent à l'adhésion de la Turquie a l'UE ) et les canadiens sont bien là, il ne faut guère se faire d'illusion quant à savoir qui décide de tout au final.

Pour revenir au président de la République figurez-vous qu'un ans après ses exploits vocaux à Gandrange, il a remis ça hier puisqu'il a dit au sujet de l'entreprise Caterpillar de Grenoble " je vais sauver le site " les salariés savent déjà quoi en penser !

Pour conclure sa plaidoirie face à un Elkabach aux anges, le Chef de l'Etat en a remis une couche sur lui-même. Il excèle dans le domaine. " Un capitaine ça montre la voie, ça se bat matin midi et soir et c'est sur le pont, ça prend des paquets d'eau ". Salée l'eau ?

Posté par LDCI à 23:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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